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SANTÉ

QUOI DE NEUF DU CÔTÉ DES ALD ?


Le régime des Affections de longue durée (ALD) continue sa marche en avant. Selon les données de 2008 livrées par une étude de la CNAM, la prise en charge des ALD a mobilisé 62,3% des remboursements de l’assurance maladie en 2008 à destination de 8,3 millions de personnes concernées, soit un assuré sur sept. Cette croissance peut-elle s’inverser ? Toujours est-il que la loi a prévu, dès 2010, une sortie possible du régime des ALD pour les malades déclarés guéris d’un cancer. La LFSS 2010 a cependant prévu des prolongations de remboursement intégral pour les soins de suite. Plus globalement, le gouvernement entend fixer par décret et pour chacune des pathologies du régime une durée de prise en charge éventuellement renouvelable.

Le rapport de l'Assurance Maladie sur la situation des ALD pour l'année 2008 fait apparaître quelques inflexions dans la croissance de certaines pathologies. Si le diabète continue d'augmenter aussi rapidement chaque année, les maladies cardio-vasculaires et les cancers ont ralenti leur croissance comparé aux années précédentes. Le nombre global de personnes en ALD a donc augmenté plus lentement en 2008. Mais du fait de l'amélioration de l'efficacité de certains traitements, les assurés en longue maladie le restent plus longtemps. Plus de la moitié (52,7%) des personnes en ALD le sont depuis plus de 5 ans, et 12,7% d'entre elles depuis 15 ans. Quand on parle des ALD, on parle avant tout de quatre groupes d'affections. Il s'agit des maladies cardio-vasculaires (2,8 millions de personnes), des cancers (1,7 million), du diabète (1,6 million) et des troubles psychiatriques de longue durée (0,95 million). Ils représentent à eux quatre 75,8 % des ALD. À l'opposé, les dix ALD les moins « peuplées » regroupent chacune moins de 50 000 personnes. En termes de progression, les maladies cardio-vasculaires participent pour 38 % à l'augmentation du nombre des ALD, devant le diabète (23 %) et le cancer (19 %), soit 81% à elles trois. Toutefois, cette croissance est plus faible que les années précédentes pour les pathologies cardio-vasculaires et cancéreuses, particulièrement pour les tumeurs malignes de la prostate qui progressent de 8,3% en 2008 contre une moyenne annuelle supérieure à 11% entre 1994 et 2004.

DIABÈTE ET OBÉSITÉ

Par contre, le nombre de personnes souffrant de diabète, continue d'augmenter sans inflexion (+8,1% en 2008, identique aux années précédentes) dû principalement à l'augmentation des adultes obèses (3,6 millions en 1997, 6,5 en 2009 selon une étude Obepi-Roche). Cette augmentation régulière semble résister à l'intensification des campagnes visant à promouvoir une meilleure alimentation. On note enfin une progression forte des « maladies rares », telles les maladies métaboliques héréditaires qui augmentent de 16,4% en trois ans, même si les chiffres absolus restent faibles (29 000 en 2005, 43 000 en 2008). Cette progression est vue comme une « conséquence positive » du Plan national maladies rares 2005-2008.

RÉPARTITION EN FONCTION DE L'ÂGE

L'âge moyen des personnes inscrites en ALD est de 61,5 ans, mais il diffère considérablement selon les pathologies. Il est de 19 ans pour la mucoviscidose, 27 ans pour l'hémoglobinopathie, 43 ans pour les infections par le VIH, 65 ans pour le diabète, 70 ans pour les maladies cardio-vasculaires ou de 82 ans pour la maladie d'Alzheimer. Toutes affections confondues, les personnes de 80 ans représentent 18% des personnes en ALD. Le taux de personne en ALD parmi la population globale s'accroît toutefois fortement avec l'âge, 75% des plus de 90 ans seraient ainsi en ALD, contre 2% des enfants de moins de 5 ans.

LES HOMMES DAVANTAGE QUE LES FEMMES

Les femmes représentent 51,9% des patients en ALD, mais à âge égal, la part des hommes en ALD est supérieure à celle des femmes. Cela s'explique par la surmorbidité des hommes et l'espérance de vie plus longue des femmes. Ainsi, sur la population globale âgée de 70 à 74 ans, 50% des hommes seraient inscrits en ALD contre 37% des femmes. La répartition entre hommes et femmes peut être très différenciée selon certaines pathologies : en 2008 les hommes concentrent 72,7% des cancers du poumon, 69,5% des maladies coronaires (infarctus...) et 66,7% des infections par le VIH. Les femmes regroupent quant à elles 82,3% des maladies dites « systèmiques » (périartrite noueuse, lupus...) et 73,9% de la maladie d'Alzheimer et autres démences. Pour résumer, les hommes sont plus touchés par les maladies dites de comportements à risques (tabac, alcool, etc.) et les femmes par les maladies liées à l'âge.

COMBIEN COÛTE LE DIABÈTE ?


Selon l'enquête ENTRED (Echantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques) pour la période 2007-2010, les dépenses remboursées par les régimes d'assurance maladie sont en moyenne de 5431 euros (avec un reste à charge moyen de 607 euros) pour chaque diabétique avec cependant des écarts considérables. Des patients peuvent engager des remboursements supérieurs à 100 000 euros par an. Les postes de dépenses les plus importants sont les frais hospitaliers (2090 euros) et les médicaments (1402 euros). Ces deux lignes représentent près de 65% de la dépense totale remboursée. Les soins infirmiers ne deviennent économiquement significatifs que pour les populations âgées de plus de 65 ans. Les dépenses remboursées qui, entre 2001 et 2007, ont connu les plus fortes progressions sont les transports, les produits médicaux (pompe à insuline...) et la pharmacie. Le diabète est devenue une maladie invalidante comme le montrent les chiffres suivants : les prestations en espèces au titre des IJ ont diminué de 5,6% (217 millions d'euros en 2001 et 204 millions en 2007) alors que dans le même temps celles dues au titre de l'invalidité ont connu une progression de 30,8% (241 millions en 2001 et 316 millions en 2007).



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