Fédération des mutuelles de France : L'échange, l'entraide, la réciprocité

Vous possédez un code d'accès à l'Extranet de la FMF :
Saisissez votre identifiant et votre mot de passe pour y accéder.

Vous n'êtes pas inscrit à l'Extranet de la FMF :
Adressez-vous directement à la personne en charge des abonnements dans votre groupement. Si besoin contactez-nous par email :

Votre groupement n'est pas inscrit à l'Extranet de la FMF ou vous rencontrez des difficultés pour vous inscrire :
Envoyez nous une demande d'inscription par email à l'adresse suivante :

Vous êtes chargé des abonnements de votre groupement :
Accédez à l'interface de gestion à l'adresse suivante :www.mutuelles-de-france.fr/autonomiz/login/index.php
Vous êtes ici : Accueil > SANTÉ

SANTÉ

LA MÉDECINE DU TRAVAIL BIENTÔT ENGLOUTIE ?


"La médecine du travail est en danger. D’ici cinq ans, si rien n’est fait pour aider les professionnels de la santé au travail à anticiper les départs à la retraite des praticiens et des enseignants hospitalo-universitaires, ce dispositif unique au monde, qui concerne en France près de 16 millions de salariés, pourrait s’éteindre, faute d’expertise et de perspectives."

Tel est l’avertissement que lancent les trois auteurs * du rapport « la santé au travail, vision nouvelle et professions d’avenir.» Pour les rapporteurs, la crise démographique est déjà là. L’an passé, plus de 55% des médecins du travail avaient franchi le cap des 55 ans. « Ce sont, lit-on dans le rapport, plus de 4000 médecins qui auront atteint ou dépassé l’âge légal du départ à la retraite d’ici 5 ans et plus de 5600 médecins l’horizon de 10 ans. » Soit huit médecins du travail sur dix. Cela veut dire que dans certaines régions, on ne trouvera plus un seul médecin du travail. Curieusement les auteurs devant cette catastrophe annoncée font preuve d’un optimisme à tout crin. Cette situation disent-ils « constitue une opportunité pour revaloriser la profession de médecin du travail. » Une des voies du salut serait le passage à temps plein de la majorité des femmes médecins du travail qui actuellement on choisit le temps partiel. L’autre planche de salut serait l’attirance des jeunes généralistes pour la médecine salariée. Le rapport rappelle ces chiffres donnés par le Conseil de l’Ordre : 66% des nouveaux inscrits choisissent le salariat, 25% font des remplacements, et 10% seulement vissent leur plaque. Cela les rapporteurs doivent convenir que les médecins restent très peu attirés par l’exercice de la médecine du travail. La situation démographique est toute aussi préoccupante du côté des enseignants en médecine du travail.

Plus d'enseignement

La discipline a perdu 15% de ses postes hospitalo-universitaires titulaires sur les six dernières années alors même que le Plan santé au travail de 2005 se fixait comme objectif la création à court terme de 10 à 15 nouveaux emplois hospitalo-universitaires. Dans la réalité, certaines facultés, aujourd’hui, n’ont plus aucun enseignement en médecine du travail. Et les lendemains ne s’annoncent pas meilleurs dans la mesure où le Plan santé au travail 2 ne prévoit pas le renforcement des capacités d’enseignement. Peut-on alors rendre ce champ professionnel plus attractif ? Les auteurs le pensent. Et ils le pensent parce qu’ils ont une vision pour le moins idyllique de la réforme de la santé au travail dont l’objectif serait « de faire du médecin du travail un expert efficient, un  acteur de santé publique, capable de diagnostiquer des situations de proposer des solutions, d’élaborer des plans d’action dont l’indépendance des décisions est garantie ». Pour que cela soit possible il faudrait alors changer la législation actuelle. Ce que proposent les auteurs. Il faudrait par exemple que les intervenants en santé et en prévention soient reconnus comme des salariés protégés ou encore que l’employeur soit tenu de répondre par écrit aux propositions faites par le médecin du travail. Actuellement cette obligation ne vaut que pour les mesures à caractère individuel (mutation ou changement de poste). L’ensemble des professions de santé au travail pourrait être associé aux réseaux de veille sanitaire. Le rapport rappelle, fort opportunément, que près de 2,4 millions de salariés sont exposés à des produits cancérogènes et que cette exposition serait à l’origine des 11 000 à 23 000 nouveaux cas de cancers recensés chaque année.
Reste bien évidemment la question épineuse du droit ou non à prescrire.
On sait que cette question fut tranchée dès 1947 avec la publication du décret sur le Code de déontologie qui interdit aux médecins du travail de soigner et bien évidemment de prescrire. La tradition des médecins d’usine ne réussit à se maintenir que dans quelques branches professionnelles comme les mines ou les chemins de fer. Sur cette question le rapport, envisage un moment la possibilité pour un médecin d’avoir une activité mixte, de soins et de prévention, mais pour se prononcer financement en faveur d’un statu quo.

* Christian Dellacherie, Paul Frimat et Gilles Leclercq

 


3/5 rue de Vincennes - 93108 Montreuil cedex - tél. : 01 49 88 52 52 - fax : 01 49 88 93 71/73