Communiqués
[Le 27/04/2009]
La Fédération des mutuelles de France appelle à la mobilisation de ses groupements, pour la journée du 1er mai 2009.
Les mobilisations sociales de ce 1er mai sont exceptionnelles. La Fédération des mutuelles de France invite ses groupements à s’y impliquer totalement. Ces mobilisations continuent les journées des 29 janvier et 19 mars et leur donnent une autre dimension. Elles ouvrent une nouvelle séquence du rassemblement des acteurs sociaux et des convergences sociales. La situation n’est plus la même. La crise produit désormais des effets plus douloureux, provoque des situations plus graves pour les populations. Elles sont souvent en colère et toujours exaspérées par la brutalité des annonces, sans cause justifiée, par le cynisme et l’avidité de dirigeants économiques et par le sentiment que l’injustice progresse. La crise exige, au contraire, pour être résolue, davantage de justice, d’égalité, de solidarité. Cette conviction grandit dans la société.Voilà ce qui rend la situation exceptionnelle. Elle appelle à prendre des mesures qui le soient tout autant. Il faut commencer par revenir sur tout ce qui rend la vie quotidienne chaque fois un peu plus difficile et singulièrement dans le domaine de la santé :
• Les forfaits et les franchises médicales, injustes hier, sont devenus totalement insupportables. Ceux-ci, ainsi que la taxe d’1 milliard d’euros qui frappe les activités solidaires des mutuelles, doivent être supprimés.
• Une protection sociale universelle doit permettre à chacun de faire valoir ses droits et de les exercer pour répondre à ses besoins, sans exclusion, sans discrimination d’aucune sorte. La continuité des droits, face aux aléas économiques et à ceux de l’existence, doit être collectivement garantie. Cette disposition devra être financée de manière à responsabiliser les entreprises et doit déboucher sur la mise en œuvre rapide d’une sécurisation des droits personnels.
• Pour que l’avenir ne soit pas obéré par la crise actuelle un statut de l’autonomie de la jeunesse doit être maintenant assuré.
• Les grandes missions d’intérêt général de notre service public hospitalier doivent être promues, développées et financées. Des mesures concrètes doivent être prises rapidement pour un refinancement de l’hôpital public et de toutes les structures qui participent au service public avec l’ambition de les sortir de l’asphyxie budgétaire dans laquelle ils se débattent depuis des années. Le projet de loi HPST doit être revu et corrigé dans ce sens.
• Le débat sur la nécessaire réforme du financement de la protection sociale est inséparable d’une réflexion collective sur le rôle, les missions d’une Sécurité sociale moderne. Si elle doit jouer son rôle d’amortisseur de crise, elle doit être aussi et surtout un facteur de développement de la personne et de la société.
• Pour permettre à la Mutualité de faire respecter et partager sa spécificité et ses valeurs dans l’espace européen, un statut de mutuelle européenne doit être, sans tarder, discuté et adopté par le Parlement européen.
Ces solutions doivent s’inscrire dans le cadre d’un plan de relance de notre économie de la santé.
Le mouvement social doit se donner comme ambition d’encourager un nouveau modèle de croissance socialement durable centrée sur les besoins de la personne, à tous les âges de la vie, et sur le développement du bien-être. Une protection sociale de la personne passe par la reconnaissance de droits universels. Cette protection sociale de la personne à caractère universel doit être financée par les produits de l’activité économique plutôt que par la fiscalité des ménages.
Toutes ces mesures immédiates sont indispensables. Elles doivent contribuer à redonner un horizon social et solidaire à notre société. Dans les mobilisations sociales d’aujourd’hui, qui sont parfois des manifestations de rejet, doivent se construire des communautés de projets. C’est l’ambition que doit avoir le mouvement social et c’est la raison pour laquelle la Fédération des mutuelles de France, entend, avec tous ses groupements, contribuer au succès des manifestations unitaires du 1er mai.
